Liaison « dangereuses » virus et drogues festives

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Transcript Liaison « dangereuses » virus et drogues festives

Comment aborder les drogues
festives dans la consultation
d’ETP?
Dr Arnaud PLAT
Marie ROUVRAIS IDE
Liens d’intérêt
• Co-Investigateur essais randomisées
sponsorisés
PLAN
• C’est quoi une drogue festive?
• Pourquoi en parler?
• Comment en parler?
• En pratique?
Quelques pré requis
• L’usager risque d’en connaître plus que vous …
• Vous allez devoir faire avec votre envie de
« corriger »:
– Un comportement à risques
– Des conséquences attendues et coûteuses
– Un comportement que vous n’imaginiez pas pour
ce patient-là…
• On s’aventure aussi et comme souvent dans
nos disciplines, sur un terrain peu médical
Thème des 105 séances réalisées
VIH et sexualité
VIH et grossesse
VIH et comorbidités
VIH et addictions
Rôle de l'aidant
Changement ARV
Reprise ARV
Cause de non observance
Difficultés sociales
Renforcement observance
CAS VIH
Elaboration pillulier, planning thérapeutique
Intérets, effets secondaire, gestion des stocks
ARV
Qualité de vie
Vivre aujourd'hui et demain avec VIH
Diadnostic éducatif
0
2
4
6
8
10
12
Nombre de séances
14
16
18
Qu’est ce qu’une drogue festive?
1. Une drogue qui aide à faire la fête
2. Une drogue qu’on prend pour continuer la
fête
3. Une drogue qui permet de croire qu’on fait la
fête
4. Une drogue pour récupérer de la fête
Une même substance peut avoir
plusieurs fonctions (ex Alcool)
Parmi les Français qui consomment
des SPA…
≈ 49 MILLIONS
… quel % consomme uniquement de
manière festive??
L’effet d’attente (et la réputation) est
sans doute le déterminant le plus
important
• Histoire du GHB et ses plusieurs vies
– 1961: synthèse et utilisation comme agent
anesthésique
– 80’s: milieu du culturisme: « groth Hormone
Booster »
– 90’s: drogue du milieu festive gay (euphorisant,
désinhibiteur)
– 90’s: carrière criminelle: drogue du violeur (classé
comme stupéfiante)
– 2010’s: essai thérapeutique pour aide au maintien
de l’abstinence des alcoolodépendants
« Tendances »
Depuis 2000…
Poppers
1960-1980
•
•
•
•
•
•
Cannabis
Héroïne
LSD
Barbituriques
Amphétamines
Opioïdes agonistes et
mixtes
• Solvants
1980-2000
Mésusage de TSO
•
•
•
•
•
GHB, GBL
Ecstasy
Kétamine
Héroïne
BZD
Cocaïne
• chlorydrate
• et basé (CRACK)
Hypnotiques
Antalgiques opiacés
Installation de l’usage de
Cannabis
Cocaïne sulfate et basée
MDMA
Amphétamines
Cathinones et autres DGS
10
TENDANCES -1
(source OFDT & TRENDS 2011)
• Retour MDMA
– Forme cristaline
– Confusante avec le
Crystal
(métamphétamine)
– Cachets
– Poudre
• Drogues de synthèse
– « Designer drugs »
– « Research
chemicals
– « legal highs »
– 63 produits différents
– Plus de 32 sites
– Cathinones +++
Surprévalence LGBT ?
Fifield (1973): In Los Angeles, found that lesbians and gay men reported alcohol abuse
problems at 30-33%.
McKirnan and Peterson (1989) at the University of Illinois Chicago, found alcohol,
cocaine, and marijuana consumption rates among lesbians and gay men at 23%.
Skinner & Otis (1994); Hughes & Wilsnack (1997); Woody et al. (1999); Cochran &
Mays (2000): found that gay men and lesbians were heavier substance and alcohol
users than the general or heterosexual population.
Woody et al. (1999) found that men who have sex with men (MSM) were 21 times
more likely to use nitrite inhalants; 4–7 times more likely to use hallucinogens,
stimulants, and sedatives.
Stall et al. (2001) found that of MSM 52% us recreational drugs and 85% use alcohol.
levels of multiple drug use (18%), three or more alcohol-related problems (12%),
frequent drug use (19%) and heavy–frequent alcohol use (8%) were not uncommon
« Slam » ( Claquer ) en anglais
•
•
•
•
•
Ritualisation, banalisation
Amplifie les effets
Rémanence visuelle
Initiation / Fascination
Induit un Triage dans la recherche de partenaires
– Sérotriage – « Chems Triage» - Slam Triage
• Trois produits inquiétants :
– 4-MEC
– NRG3
– MDPV
• Se répand ?
Mode d’Adresse de 30 « Slameurs »
0bligation de soins SSR
3%
3% Urgences
3%
Centre 190
20%
Reseaux
10%
Eux-même
10%
"secondaire"
17%
Infectiologues
17%
Généralistes
17%
Statuts VIH &VHC (30 slameurs)
• Seuls 29 connus
– 29 VIH +
– 26 VHC +
• Parmi les 26 VHC +
–
–
–
–
–
–
–
3 déclarés guéris spontanément non replicants
8 déclarés guéris après traitement
8 jamais traités replicants dont 2 dec ouverte au cours du suivi
4 anciennement traités replicants (échappement)
2 actuellement traités dont 1 replicant
1 inconnu
6 d’entre eux ont eu au moins deux souches
Risques et dommages
•
Ceux de l’injection ++
–
–
–
–
–
•
Contaminations IST, VHC, VIH
Phlébites
Embolie pulmonaire
Endocardites
Septicemie
Ceux des risques sexuels
–
–
–
–
Contamination
Violence inappropriée, scarifications
Appauvrissement voire disparition paradoxale
Addiction secondaire
•
Ceux des accidents physiques
•
Ceux des crises comportementales
•
Ceux des descentes difficiles=> risque de désocialisation
Dangers
• Addictogénicité forte
– Emballement sur le court terme (1mois)
– Tolérance +++
– Commande compulsive
– Gestion des stocks
– Rapprochement des injections lors d’un plan
– Record : 98 injections d’affilés chez un même
usager, en un set de 4 jours
Dangers spécifiques
NRG3
MDPV
4-MEC
• Accès maniaque
• Dépression J4
• Ralentissement
• Recherche sexe
obsessionnelle
• Hallucinations
« partagés »
• SD de « je tombe
amoureux »
• Violences et parano
en descente +++
• Montée tranquille
• Gout spécifique
dans la bouche
• Chaleur dans la
gorge
• Très addictogène
Pourquoi en parler?
Car ces produits sont:
• Au mieux, non nocifs et efficaces en contexte
festif
• Au pire, très nocifs et décevants ou contre
productifs ou trop efficaces
• Peu onéreux et +/- accessibles:
– Alcool +++
– NPS, GHB/GBL +
– Cocaïne, MDMA +/-
• Très consommés au sein de certains groupes
sociaux
• Peuvent interférer avec la PEC d’autres maladies
Parler des Substances Psycho Actives en
consultation ETP « vih/SIDA »
Constats
• Banalisation de la consommation de SPA.
• Polyconsommation de produits.
• Prise de produits liés à la sexualité.
• Vente via internet
• Augmentation des consommations au moment de
l’annonce du VIH
Pourquoi en parler ?
• Identifier les différentes consommations.
• Repérer le type d’usage (simple : pas de
dommage, nocif : dommages, dépendance :
perte de contrôle).
• Informer et éduquer.
• Réduire les risques.
• Compatibilité avec les ARV.
• Mettre en évidence un éventuel déni.
• Motiver le patient à changer.
Difficultés
Sujet encore tabou.
Moralisation.
Représentation ambivalente.
Légitimité ?
Manque de connaissances.
A qui poser la question des consommations de
substances psycho actives ?
A tous les patients.
Qui en parle ? Et quand ?
•
En consultation médicale, lors de
l’ouverture d’un nouveau dossier.( Mode
de vie).
• Réactualiser lors de consultations
ultérieures.
• Donner le conseil minimal qui permet une
évaluation des consommations et donne
des seuils définis par l’OMS.
Qui récupère la réponse ?
• Médecin, ide, pharmacien….. en
consultation d’ETP .
En combien de temps, au bout de combien de
consultations faire une séance sur ce sujet ?
•
Il faut avoir créé une alliance
thérapeutique basé sur la confiance, le
secret médical.
• Identifier les besoins et projets de vie du
paient.
• Connaître ses préoccupations, ce qui est le
plus important pour lui en ce moment.
Quelles est la meilleure façon de les aborder ?
•
•
•
•
•
•
•
•
Approche centrée sur l’individu et non sur les
produits.
Connaitre la trajectoire de vie de la personne,
son histoire.
Parler du tabac : produit licite, le moins
stigmatisant.
Aborder la sexualité.
Intégrer les produits dans ses habitudes de vie.
Connaitre sa façon d’utiliser les produits.
Son rythme de consommation.
Lui demander se qu’il pense de ses
consommations.
Comment débuter une prise en charge ?
• Souhait du patient. Envie de changer.
• Prise de rdv par lui-même.
• Travailler en collaboration avec les équipes
d’addictologie.
• Répertoire des consultations ( caarud,
csapa, associations..).
SPA au sein de la file active
60
50
40
30
20
10
0
Orientation
• Parmi les 27 patients consommateurs:
– 14 orientés vers la consultation d’addictologie
• 3 suivis réguliers en addictologie (1 tabac, 2 Methadone)
– 4 pour qui un courrier au MT a été envoyé
– 3 ont un suivi psychologique
– 6 n’ont pas été orientés
• Orienter n’est pas simple=> savoir:
– Promouvoir le changement
– Profiter des opportunités pour parler des SPA
– Renforcer le sentiment d’efficacité personnelle
Ce qui marche bien…
• L’entretien motivationnel:
– On évite de se confronter
– On accepte le statu quo
– Le patient reste l’expert
– On le guide vers les changements utiles
• Fournir de l’information:
– Dans un style motivationnel
– Juste et non culpabilisante
• Proposer de l’aide et différentes stratégies
pour changer
Ce qui marche moins bien…
• L’adressage d’emblée et systématique
• L’adressage sans aide
• Travailler seul avec des patients
« compliqués »
• N’envisager que l’abstinence comme seul
projet
• Penser que l’abstinence règlera tout…
Conclusion
• L’ETP est un mode d’exercice qui permet de
« tirer sur des fils »
• Le fil « drogues, fête, sexe » est un
incontournable dans le cadre de la PEC du VIH
• L’usage des SPA n’est pas qu’un problème
• Les changements peuvent prendre du temps:
dans l’intervalle, REDUCTION DES RISQUES
MERCI