Suzanne Léveillée: La violence dans la famille

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Transcript Suzanne Léveillée: La violence dans la famille

Violence dans la famille :
trouble de santé mentale et
variables situationnelles
Suzanne Léveillée
Professeure UQTR
Chercheuse CRIVIFF
Colloque TCVCASL
24 - 25 Janvier 2012
Plan de la présentation
• 1.Introduction : Quelques définitions et
l’ampleur du phénomène
• 2. Deux constats retenus
• 3. Quelques études sur le sujet
• 4. Les cas cliniques
• 5. Discussion
• 6. Conclusion et vos questions
• [email protected]
Quelques définitions
•
•
•
•
•
Les types de violence dans la famille :
1. Violence conjugale (notion de continuum)
2. L’homicide dans la famille
2.1 L’homicide conjugal
L’homicide de sa ou son conjoint(e) ou ex
conjoint(e): Homicide conjugal commis par une
femme (maricide) ou commis par un homme
(uxoricide)
Quelques définitions
• 2.2 L’homicide d’un ou de plusieurs de ses
enfants : Infanticide, Filicide masculin ou
féminin, Néonaticide (homicide d’un bébé de
moins de 24 heures).
• 2.3 L’homicide de son père ou de sa mère (ou
des deux) par un enfant (adolescent ou adulte):
Parricide
Quelques chiffres
• Au Québec entre 1997 et 2007 (Léveillée et
Lefebvre, 2008) il y a eu :
• 139 homicides conjugaux commis par un
homme
• 17 homicides conjugaux commis par une femme
• 40 filicides masculins
• 28 filicides féminins
Suite
• 30 parricides masculins
• 3 parricides féminins
• 10 familicides commis par un homme; le
familicide est souvent appelé « homicide
masculin » et consiste à tuer sa conjointe, ses
enfants et ensuite à se suicider (dans 80% des
cas)
Aspects juridiques
• 1. CR criminellement responsable : Sentence
purgée en centre de détention fédérale
• 2. NCR =non criminellement responsable en
raison d’un trouble mental grave :
Hospitalisation dans un milieu sécuritaire,
commission d’examen des troubles mentaux –
avis médical avant libération (étapes à franchir
avant la sortie de l’hôpital)
• 3. SFB = acquittement (cas rare)
Suite
• Les individus reconnus non criminellement
responsables pour cause de trouble mental grave :
• Parricides masculins : 14 NCR et 16 CR
• Parricides féminins : 3CR
• Filicides masculins : 4 NCR et 36 CR
• Filicides féminins : 10 NCR et 18 CR
• Homicides conjugaux masculins : 3 NCR et 136 CR
• Homicides conjugaux féminins : 2 NCR et 15 CR
Deux Constats
• 1. D’une part, le parricide = type d’homicide les plus
souvent commis par des individus présentant un
trouble mental grave (schizophrénie)
• D’autre part, le filicide et l’homicides conjugal =
plus souvent commis par des individus présentant un
trouble ou des traits d’un trouble de la personnalité ; il y
a souvent co morbidité avec des épisodes dépressifs ou
des symptômes dépressifs significatifs
Deux Constats
• 2. Les déclencheurs identifiés pour le parricide
sont d’une part, la décompensation psychotique
et d’autre part, l’exacerbation de conflits avec les
parents, mise de limites par le/les parent (s)
• Tandis que pour le filicide et l’homicide conjugal
la rupture amoureuse et autres types de perte =
déclencheurs puissants du passage à l’acte contre
la-le conjoint (e)
Parricide +Troubles mentaux
• Parricide et Troubles mentaux graves
• Les troubles psychotiques tels que la
schizophrénie = fréquents chez les parricides.
• Éléments clés : Angoisse fusion/destruction ;
absence de limite entre soi et l’autre, entre le
rêve et la réalité; le délire de persécution ou de
grandeur devient la réalité (et non plus un
fantasme ou l’imaginaire)
Suite
• La décompensation psychotique ou alors les
conflits exacerbés avec les parents ; Overkill
fréquent (acharnement sur la victime)
• Il est à noter qu’environ 50 % des parricides ne
présentent pas de trouble psychotique ; travail à
effectuer pour mieux comprendre le profil (ou
les profils) de ces individus
Troubles de la personnalité
• Les troubles de la personnalité associés au
filicide ou à l’homicide conjugal :
• De facon générale nous avons tous une
personnalité avec des traits et avons aussi
certains traits de personnalité plus ou moins
adaptés
• En majorité, notre personnalité favorise notre
adaptation autant au niveau des émotions que
dans nos relations interpersonnelles
Suite
• De plus, nous avons tous une capacité de se
défendre contre les émotions difficiles ; toutes
personnes présentent des mécanismes de
défense
• Voici quelques exemples : intellectualisation,
sublimation, négation, projection, déni, clivage,
identification projective….(du + adapté au –
adapté)
Suite
• Certains traits ou troubles de la personnalité ne
permettent pas un ajustement émotionnel et
relationnel adéquat ; c’est le cas du trouble de la
personnalité limite, narcissique ou antisocial
• Terrain propice aux passage à l’acte dans la
famille; ensuite survient des déclencheurs, des
variables situationnelles et/ou criminologiques.
Trouble de la personnalité
• Les comportements non adaptés présentés par
ces personnes (le contrôle de l’autre ou le
harcèlement seraient deux exemples)
• Les enjeux intrapsychiques : Gestion des
pulsions, l’identité (diffusion de l’identité), les
relations d’objet, les mécanismes de défense, la
faiblesses du Moi et la non intégration du
Surmoi
TPL
• Le trouble de la personnalité limite (TPL)
• Ce trouble de la personnalité limite se caractérise
par l’instabilité dans les relations
interpersonnelles, au niveau de l’identité et au
niveau des affects
• Les personnes atteintes présentent une très
grande fragilité lors des rapprochements
intimes = Trop proche c’est l’intrusion et trop
loin c’est l’abandon … où est le juste milieu ?
TPL
• Ces personnes réagissent fortement lors de la
rupture amoureuse ; vécue comme un abandon;
l’angoisse d’abandon devient vive et au lieu de
l’élaborer à l’intérieur d’eux ces individus
réagissent (passent à l’acte )pour ne pas ressentir
• Le contrôle de l’autre serait une stratégie
fréquemment adoptée pour contrer l’angoisse
TPL
• Aussi ces individus présentent une identité
fragile, ils se sentent abandonnés, ressentent
qu’ils ne sont plus rien si l’autre (la conjointe)
s’en va, et quitte…
• La jalousie peut aussi être vive; jalousie associée
à la perte ou à la crainte de la perte
TPL
• Les mécanismes de défense (surtout dans les
moments de crise) sont inadaptés :
• 1. Le clivage
• 2. L’identification projective
TPN
• Chez la personnalité narcissique (TPN) il peut y
avoir l’angoisse d’abandon et de contrôle de
l’autre toutefois, le moteur de l’agir serait plutôt
l’humiliation, la blessure narcissique, la
trahison; « l’affront » vécu lors de la rupture
• Aussi, la perte de la personne « utilisée » pour se
sentir fort (fort/faible sous jacent) est vécue
comme une blessure narcissique ; L’élan
d’autonomie de la conjointe = suscite la rage
TPA
• Le trouble de la a personnalité antisociale (TPA)
est plutôt associé à l’utilisation de l’autre ;
présence de l’emprise sur l’autre (la conjointe)
pourrait être présent
• Aussi, l’utilisation au niveau sexuel et
monétaire…
• Comportements « transgressifs » autant à
l’intérieur de la famille qu’à l’extérieur; Faille au
niveau du Surmoi (comportements antisociaux)
Comprendre ces individus
• On voit donc pourquoi les personnes qui présentent un
trouble de la personnalité limite, narcissique, antisocial
sont à risque de réagir lors de pertes et plus
spécifiquement lors de rupture amoureuse
• La dépendance (« anaclitisme » ; l’accrochage à l’autre)
vécue de manière agressive et déchargée sur la personne
qui quitte; angoisse d’abandon vive, la blessure
narcissique souvent en lien avec « l’affront » vécu
Comprendre ces individus
• Kernberg évoque la notion d’échelon pour mieux
décrire et comprendre ces individus ; échelon supérieur
intérieur :+ ou - de mentalisation selon l’échelon
• Ainsi, les individus se situant sur l’échelon inférieur :
présentent plus de passages à l’acte, les limites
soi/l’autre + fragiles, + des traits antisociaux. Ils
présentent pas ou peu d’introspection et rejettent leurs
tensions/angoisses sur les autres au lieu de les gérer à
l’intérieur d’eux. Ils tentent d’évacuer hors d’eux leur
souffrance psychologique
Autres éléments clés
• Limites : + il y a de fragilité + confusion soi et l’autre
• Mécanismes de défense : Archaiques tels que le clivage,
le déni, la projection et l’identification projective
• Traits antisociaux : rejet de la faute sur l’autre
• Manque d’introspection; évitement de la souffrance psy
• Faiblesse du Moi : marqué par l’impulsivité,
l’intolérance à l’angoisse et le manque de
développement des voies de sublimation
Suite
• Selon Kernberg plus l’individu présente des traits
narcissiques ou antisociaux, plus il est difficile de l’aider;
car il ne présente pas de souffrance psychologique
(interne); soit qu’il ne la ressent pas ou qu’il ne veux
pas la montrer
• L’entourage de cet individu constate certains problèmes
toutefois, la personne refuse (évite) de demander de
l’aide; désirant démontrer sa force (évitant parfois
toutes expressions de faiblesse)
Suite
• Fréquents comportements autodestructeurs et/ou
hétéro destructeurs
• Lien entre auto et hétéro :
• Tuer une personne pourrait être associé à 1) tuer une
partie de soi, ou à 2) se venger de sa conjointe /
conjoint impliquant une rage déplacée sur l’enfant par
exemple
• De plus, co morbidité avec les enjeux dépressifs et avec
la difficulté à faire des deuils (rage entremêlée avec les
affects dépressifs)
Deuil et enjeux dépressifs
• Avant le délit : rage, obsessions entourant la situation
(recherche d’une solution) ; activités pour contrer la
dépression
• Après le délit : la dépression peut s’installer
• Réflexions sur le processus de deuil (suite à une perte) :
• 1. Déni
• 2. Colère, rage
• 3. Dépression
• 4. Acceptation
Suite
• Quelques autres éléments de compréhension en
lien avec le déni ou la rage :
• L’homicide = 1. la séparation n’a jamais eu lieu
(effacer toute trace de la perte) 2. la solution
pour en arriver au « contrôle ultime » (je te
tue…tu ne me feras pas vivre cette situation) 3.
la toute puissance narcissique (j’ai décidé de la
solution)…
Sous groupes HC masculin
• Selon Dutton :
• Il y a des sous groupes d’hommes qui commettent de la
violence conjugale
• Un des sous groupes = à risque de tuer la
conjointe…ce n’est pas tous les hommes qui
commettent de la violence conjugale qui seraient à
risque ; notion de continuum pour un sous groupe
seulement
• Question de la violence conjugale antérieure à
l’homicide (près de 50% des cas)
Quelques auteurs clés
• De plus, quelques profils HC masculins ont été
identifiés : Selon 1.Dutton les « surcontrôlés » =
des hommes présentant de fortes tendances au
contrôle, des traits obsessionnels ou paranoides
• 2.Bénézech indique que ces hommes sont
égocentriques et présente « complexe
d’abandon »
• 3.Johnson évoque la notion de « terrorisme
intime »
Suite
• Quelques profils de HC feminins ont été
identifiés : Ces femmes présentent une faille
majeure au niveau de leur identité; elles
n’arrivent pas à se détacher de leur conjoint; la
répétition de relation douloureuse (souvent avec
violence) est proposée par quelques auteurs dans
le domaine
Sous-groupes de filicides
• Quelques profils d’individus ayant commis un filicide
ont été identifié : en fonction de la motivation à
commettre le délit. 1) abus physique fatal 2) mesure de
représailles 3) État mental perturbé (enjeux dépressifs /
suicide élargi ou psychose)
• 1. Abus physique fatal en lien avec la maltraitance ; Il
n’y a pas d’intention de tuer l’enfant toutefois, il décède
suite aux mauvais traitements
Suite
• Comment comprendre ces parents maltraitants :
• L’enfant battu (maltraité) serait une partie de soi
hais, qui doit subir la punition ; présence
fréquente de clivage et d’identification projective
Suite
• 2. Les mesures de représailles : En lien avec la
perte ou la rupture amoureuse
• « Tu ne garderas pas mon enfant , tu ne l’auras
pas » ; ce dernier devient la possession d’un des
deux parents
• La rage prend le dessus; ainsi évacuation du vécu
de perte (tristesse).
• 3. État mental perturbé : dépression majeure ou
décompensation psychotique
Suite
• « Mon enfant ne pourra vivre heureux sur cette
terre ; il est mieux de partir avec moi ».
• « Mon enfant était l’incarnation du diable ».
Hommes/femmes
• Différence hommes/femmes :
• 1. Pour le parricide
• Plus d’hommes toutefois, il faut porter attention aux
tentatives…
• Les hommes (environ 50%) présentent un trouble
mental grave; toutefois, différent pour les femmes, ces
dernières présentent de l’impulsivité et de forts conflits
avec le parent tué
• Aussi, aucun double parricide chez les femmes.
Suite
• 2. Pour le filicide
• Plus d’hommes toutefois, l’écart = moins grand que
pour les autres types d’homicide dans la famille (28
femmes et 40 hommes)
• Pour les hommes, il y a rupture amoureuse et suicide et
ensuite vient l’état mental perturbé
• Tandis que pour les femmes, l’état mental perturbé
vient en premier et ensuite la rupture amoureuse ;
rarement de suicide chez les femmes
Suite
• 3. Homicide conjugal
• Un nombre ++ grand d’hommes
comparativement aux femmes
• Les hommes tuent suite à une rupture et se
suicident dans 20% des cas
• Les femmes tuent dans un contexte de violence
conjugale subie toutefois, un petit nombre de
femmes tuent par mesure de représailles (en lien
avec la rupture amoureuse)
Suite
• De plus, le familicide souvent nommé crime
masculin selon plusieurs auteurs (Wilson et Daly
; Léveillée)
• Dans 80% des cas au Québec = Suicide élargi ;
ainsi, apporter les autres (conjointe et enfants)
dans la mort, c’est « entraîner » une partie de soi
; les limites soi/autre s’avèrent floues et les
enjeux narcissiques sont à soulever
Cas cliniques
• Quelques cas cliniques et réflexions sur les facteurs de
risque :
• Le trouble mental ou de la personnalité = terrain
propice aux passages à l’acte dans la famille
• Ensuite des variables situationnelles (déclencheurs) et
criminologiques.
• Ainsi, deux éléments clés à retenir : l’état mental
(trouble mental grave, trouble ou traits de la
personnalité) + Contexte (incluant des caractéristiques
situationnelles, criminologique, et le déclencheur)
Les cas cliniques
•
•
•
•
•
•
Choix de quelques cas cliniques :
Parricide non psychotique et psychotique
Familicide
HC masculin avec et sans enjeux dépressifs
HC féminin (3 sous groupes)
Filicide masculin et féminin
Le parricide-cas 1
• Un jeune homme tue son père et sa mère et
ensuite maquille la scène de crime
• Jeune homme de 21 ans, qui venait de trouver
un emploi (technicien) et qui avait « décidé » de
se marier; aurait des problèmes monétaires et de
consommation de drogues (alcool?)
• Suite au délit s’est présenté à l’enterrement en
pleurant ; a avoué les homicides quelques mois
après
Suite
• Trouble (traits) de la personnalité narcissique (absence
de remords et d’empathie, sentiment d’avoir droit…) ;
conflits avec les parents ($)
• Aucun antécédents psychiatrique et de trouble mental
• Sentence en centre de détention fédéral; aurait tenté de
se suicider au début de la détention
• Aucun remords verbalisés; souligne les conflits avec ses
parents et plus spécifiquement avec son père
Cas 2
• Un homme tue son père et maquille la scène de crime
• Homme de 35 ans, universitaire, n’ayant jamais travaillé
dans son domaine d’étude, a des antécédents
psychiatriques connus; délire identifié
(grandeur/persécution)
• Suite au délit les gens de sa famille avaient remarqué
son amaigrissement (attitude bizarre); Monsieur a avoué
quelques mois après (détecteur de mensonges)
• Hospitalisé dans un hôpital à sécurité maximum
(IPPM)
Suite
• Monsieur ne verbalise aucun remord toutefois, ses idées
délirantes augmentent lors de l’hospitalisation
• Monsieur continue de verbaliser des propos agressifs
contre son père qu’il a tué… et à pleurer sa mère
décédée par suicide un an avant l’homicide de son
père…
• Conflits avec le père depuis des années, deuil
impossible de la mère et trouble psychotique (registre
de la schizophrénie)
Un familicide
• Monsieur B.
• M.B. a tué sa femme, ses trois fils, son beaupère, un ex patron et ensuite s’est enlevé la vie
dans son domicile.
• M.B. a toujours travaillé beaucoup ; il a fait ++
$$; il provient d’un milieu défavorisé. Il veut
tous donné à sa femme ou tout contrôler.
• Un premier accident/ première blessure
narcissique
Suite
• Une deuxième blessure narcissique; la faillite
• M.B. ne dit rien à sa femme ni à ses fils ni à ses
amis (connaissances) et s’enfonce dans les
dettes.
• Déclencheur : blessure narcissique; évite
l’humiliation face à l’échec
• Personnalité : traits narcissiques (forte sensibilité
face à l’humiliation, contrôle, manque
d’empathie, refuse l’aide…)
Suite
• De plus, il possédait = arme à feu
• Les gens de l’entourage de cette famille ont
souligné leur surprise; ils n’avaient rien vus venir
et se sentent souvent coupables…ce qui est
souvent le cas pour ce type d’homicide - le
familicide
HC masculin - cas 1
• Rupture et jalousie :
• Monsieur A a tué sa conjointe
• M.A travaille beaucoup et il veut tout donné à sa
femme et à son fils. Madame est autonome et
travaille elle aussi
• Certains conflits de couple surviennent
• M.A apprend que sa femme veut le quitter
Suite
• Les disputes augmentent et madame contacte les
policiers, monsieur doit suivre un traitement et
ne pas « s’approcher » d’elle ; premier épisode de
violence conjugale
Quelques mois plus tard M.A apprend que
madame a un amant
• Il veut lui parler et reprendre la vie de couple
• Madame refuse et le passage à l’acte survient
Suite
• Déclencheur : rupture, sentiment vif de jalousie et de
trahison
• Personnalité : Monsieur présentent une très grande
fragilité à l’abandon, une angoisse très forte ; La
jalousie et le contrôle, rage face à l’autonomie de l’autre
et de sa propre dépendance
• M.A. commet le passage à l’acte avec un objet
contondant (présence d’overkill – acharnement sur la
victime)
Suite
• Après le délit : Monsieur tente se suicider et il
est arrêté par les policiers
• Lors de son incarcération, il présente des
symptômes dépressifs importants et tente à
plusieurs reprises de se suicider.
• Monsieur ressent ++ de remords et présente de
la souffrance psychologique reliée à son crime.
• Passé de Monsieur : père violent (violence
conjugale)…éléments traumatiques
HC masculin - cas 2
• M.L. tue sa conjointe et tente de dépecer le
corps pour se « débarasser » du cadavre…
• M.L. vit des conflits de couple depuis plusieurs
années (il est en couple depuis environ 10 ans et
3 enfants sont issus de l’union)
• Suite au délit monsieur clame qu’il était victime
de violence conjugale, qu’il était contrôlé par sa
conjointe
Suite
• Monsieur n’arrive pas à élaborer sur ses propres
pulsions
• Il présente peu ou pas de remords
• Monsieur présente des traits de la personnalité limite
(ex : impulsivité, identité diffuse, tentative de suicide
antérieure) et narcissique (surtout absence de remords)
• Au début de l’incarcération = douleur physique, a été
très malade (a été traité); toutefois, pas d’épisode
dépressif
Suite
• Présence de colère et peu de souffrance
psychologue manifestée…Malgré le décès
monsieur reste en colère contre la victime
• Passé de monsieur : famille d’accueil, abandon
troubles de comportements à l’adolescence,
tentatives de suicide à 18 ans, père criminalisé
HC féminins
• 1. Femme qui tue son conjoint = syndrome de la
femme battue / autodéfense
• Distinction à faire entre SFB et autodéfense
• 2. Cas de non acceptation de la séparation et
ressenti de rage et de jalousie
Suite
• 3. Engagement d’un tueur à gage (plutôt rare
toutefois, existe) pour se procurer l’argent des
assurances
• Différents profils dégagés sur les 17 cas
répertoriés sur la période de 10 ans au Québec
Filicides masculins
• Homicide de sa fille de 4 ans et tentative
d’homicide de sa conjointe (cette dernière a
survécue)
• Cette homme n’accepte pas la séparation; il s’agit
d’une mesure de représailles contre la conjointe.
• Il consomme ++ d’alcool
• Plusieurs tentatives de rupture et de retour en
couple avant la rupture définitive…
Suite
• Il semble que dans ce cas tuer la fillette est le
moyen de blesser la conjointe; moyen ultime de
contrôle, de vengeance
• Monsieur souligne qu’il était impossible de
concevoir d’être séparé de sa fille, de concevoir
d’être un père de fin de semaine…
• Rage voire dissociation lors du délit (réflexion
sur cette aspect)
Suite
• Traits de la personnalité limite : angoisse d’abandon,
rage importante vécue au lieu de vivre la perte…
• Traits narcissiques à souligner tels que le manque
d’empathie
• Aucun traits antisociaux
• Passé de cet homme : Manque d’une figure paternelle et
mère violente présentant des comportements de
violence autant physiques que psychologiques
Filicides féminins/masculins
• Cas de dépression ou de psychose
• Deux cas de figure :
• 1. Dépression majeure : la vie ne vaut plus la
peine d’être vécu et mon enfant ne sera jamais
heureux sur cette terre..
• 2. Dépression psychotique : perte du « Testing »
de la réalité ; enfant = maléfique ou démoniaque
Suite
• Filicide/suicide chez les hommes
• Plus fréquent chez les hommes : ainsi 20% des
hommes ayant commis un filicide se suicident
après l’homicide…
• Exemple : M. X. se retrouve au cœur des conflits
entourant la garde de son fils ; loue une chambre
dans un hôtel et commet un filicide/suicide…
Discussion
• Particularités inhérentes selon le type d’homicide
dans la famille (conjoint- e ou ex; enfant (s) ou
parents) et le sexe de l’agresseur
• Aussi, d’une part, particularités quant à la santé
mentale (trouble mental grave, trouble ou traits
de la personnalité limite, narcissique, antisociale);
et d’autre part, quant aux déclencheurs (rupture,
décompensation, violence conjugale vécu …)
Discussion
• Les facteurs de risque et prévention
• 1. profils de personnalité ou trouble mental
grave = terrain propice
• 2. déclencheurs ou variables situationnelles :
rupture amoureuse, violence conjugale, disputes
(conflits familiaux)
• 3.variables criminologiques : possession d’une
arme à feu, criminalité antérieure et violence
conjugale
Prévention
• Prévention = selon le type d’homicide
• La consultation ou la demande d’aide ; Qui ?
• Hospitalisation dans la dernière année (avant
délit) : 30% des parricides masculins ou féminins
• Consultation dans la dernière année :
• 11% des filicides masculins
• + de 50% des filicides féminins
Suite - Prévention
•
•
•
•
•
Consultation dernière année :
+ de 50% des familicide
20% des HC masculins
+ de 33% des HC féminins
De plus, les femmes consultent plus et les
hommes (familicide) commettent ++ un
homicide/suicide (suicide élargi)
Prévention-Parricide
• La prévention de cette dure réalité des parents
« terrorisés » par leur enfant ….
• Maladie mentale et violence = pas typique
• Rechercher de l’information
• Briser l’isolement
• Rechercher un tiers aidant
Prévention- suite
• Homicide conjugal et filicide
• Comment « atteindre » ces personnes ?
• 1. Informations sur la rupture amoureuse;
groupes ou ateliers donnés à la population
générale
• Ligne d’écoute aussi pour la population générale
• 2. Discussion de cas, formation des intervenants
Poursuite des travaux
• Compréhension du phénomène et prévention =
vont de pair…
• Les études en cours sur le sujet : Mieux
comprendre les différents profils à partir
d’entrevues et non seulement à partir de dossiers
• Mieux comprendre les enjeux reliés à la perte
chez ces individus à risque et aussi les différents
types de motivation (déclencheurs)
Poursuite des travaux
• Facteurs de risque : élaboration de grille ; Poursuivre ce
travail déjà bien amorcé au Québec
• Porter attention à la complémentarité entre les
comportements manifestés et les enjeux psychiques
• Travailler en équipe multidisciplinaire (complémentarité
entre policiers, intervenants sociaux, travailleurs sociaux
criminologues, psychologues, infirmiers…) ; aussi
complémentarité entre les divers organismes du réseau
autant hospitalier, carcéral que communautaire…
Quelques lectures
•
•
•
•
•
Voici quelques auteurs clés :
Casoni et Brunet (2003) : Psychocriminologie
Dutton (2007) : Violence conjugale
Millaud (2009) : Passage à l’acte
Léveillée (2010 et 2011) : Homicide dans la
famille
Questions
• Vos questions
• Et aussi vos commentaires….
Déjà la fin
• Merci de votre écoute…
• Pour me rejoindre (n’hésitez pas) :
• [email protected]