2012-2015 Emilienne Robinet

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2012-2015
Emilienne
Robinet
Ecole
du Personnel Paramédical des Armées
Patrice Le Nepvou de Carfort, Geneviève de Galard, Paul
Grauwin,... autant de noms qui rappellent l’engagement d’hommes
et de femmes au service de la vie, dans l’une des guerres les
plus dures que la France n’ait jamais menées.
Emilienne Robinet était de ces personnes qui ne se réalisent que
dans l’action et le don de leur personne. « Soigner, partout,
sans cesse, au plus près des combats, du danger, soigner dans
les conditions les plus rustiques et difficiles. Soigner parce
que la vie doit l’emporter » pourrait-être sa devise.
Emilienne Robinet est née le 12
octobre 1903 à Paris. Elle se marie
le 15 avril 1939. Cependant, à la
lecture des documents administratifs
militaires, on croit comprendre que
son engagement dans le conflit était
trop sacerdotal pour laisser place à
une vie de famille rangée….
Engagée dans le corps de la Croix Rouge d’Afrique
du nord en novembre 1942. Elle s’engage pour la
durée de la guerre à Alger comme Personnel Féminin
de l’Armée de Terre (PFAT).
Elle est affectée le 02 septembre 1943 au sein de
l’Hôpital
d’Evacuation
Motorisé
415
en
tant
qu’infirmière
anesthésiste-réanimatrice.
Elle
participe ainsi aux campagnes d’Italie et de France.
Elle est sérieusement blessée le 21 septembre 1944
dans un accident de la route. Elle rejoint son unité
avant guérison complète. Emilienne Robinet est citée
avec attribution de la Croix de guerre 1939-1945.
Elle participe ensuite à la campagne d’Allemagne.
Volontaire pour servir dans le corps expéditionnaire français
d’Extrême-Orient, elle embarque à Marseille le 26 novembre
1945 à destination de Saigon.
Dès lors, elle va écrire une des plus belles pages de l’Histoire
des infirmières et infirmiers militaires français.
Elle effectue un premier séjour jusqu’en avril 1948, et est
citée deux fois. Ses qualités d’infirmière, son opiniâtreté,
son endurance sont encore remarquées.
En 1948 à l’issue de
son
premier
séjour
une dispense d’âge lui
permet d’effectuer un
deuxième
séjour
en
Indochine. Elle est
à
nouveau citée pour son
engagement au plus près
des combattants, pour
son mépris du danger et
de la mitraille ennemie.
A ce moment, la guerre fait rage et les blessés affluent sur
le terrain. L’ardeur à la tâche, la ténacité et le caractère
entier d’Emilienne Robinet font des merveilles.
En mars 1952, pour son troisième séjour
en Indochine, affectée dans un centre de
convalescence à Dalat, qui ne lui convient
guère, elle rejoint rapidement une Antenne
Chirurgicale Mobile. Une citation lui est
remise par les autorités vietnamiennes pour
la récompenser de son courage et pour les
soins qu’elle apporte aux militaires mais
aussi aux civils vietnamiens.
Le 7 octobre 1953, alors qu’elle se trouve sur une embarcation
sur le Song Giang, en tournée pour visiter les soldats des postes
isolés, des coups de feu sont tirés depuis l’une des rives. Un
blessé s’écroule. Cette fois-ci, Emilienne Robinet ne pourra
agir car c’est elle-même qui est touchée.
Grièvement blessée à l’abdomen, elle est évacuée sur l’hôpital
de Dong-Hoï où elle meurt dans la soirée.
« Que son sacrifice reste un exemple aux infirmières militaires et
témoigne de la grandeur de leur mission et de leur rôle de femme ».
Ordre du jour du directeur du Service de Santé des forces terrestres
du centre Vietnam du 15 octobre 1953
P.F.A.T. Personnel Féminin de l’Armée de Terre
A.C.M. Antenne Chirurgicale Mobile
En 1946 au début de la guerre d’Indochine,
le
médecin-commandant
Chippaux
émet
l’idée de créer les premières antennes
chirurgicales
avancées
(A.C.A).
En
effet, pourquoi déplacer le blessé dans
des évacuations longues et fatigantes qui
pourraient aggraver son pronostic ? Le
concept de médecine de l’avant est ainsi
né : les chirurgiens doivent sortir de
leurs hôpitaux pour soigner au plus près
des zones de combat...
Ces antennes ont plusieurs fonctions :
triage, réanimation, transfusion, et mise
en condition d’évacuation.
Les interventions chirurgicales ne se
font que si l’évacuation est impossible
ou trop longue à mettre en œuvre.
Avec le temps, les antennes subissent
quelques évolutions : à partir de 1947,
création des antennes chirurgicales aérolargables, à partir de 1950, disparition
progressive des A.C.A au profit des
antennes chirurgicales mobiles (A.C.M).
La mobilité de ces antennes est ainsi mise
en avant. La grande nouveauté est qu’elles
ne sont plus rattachées à une unité, mais
à une mission. De plus chaque antenne
dépend d’un hôpital où les personnels
entretiennent leurs compétences. De 1946
à 1954, 15 000 blessés y sont soignés
avec une mortalité péri-opératoire de 3
à 4%.
La seconde guerre mondiale a été un moment privilégié
pour le recrutement des femmes dans l’armée. Cellesci deviennent secrétaires, transmetteurs, plieuses de
parachute, ambulancières, infirmières,... Elles occupent
de nombreux postes, remplacent avantageusement les hommes,
avec sérieux et efficacité.
Un décret du 11 Janvier 1944 crée les formations féminines
auxiliaires des armées de terre, de l’air, de mer. L’armée
de terre recrute ainsi des auxiliaires féminines de l’armée
de terre (A.F.A.T). On en comptera jusqu’à 10 000 en même
temps, puis leur nombre baisse à la fin de la guerre en
1945.
Le 1er février 1946, le corps des personnels féminins de
l’armée de terre (P.F.A.T) est créé en remplacement de
celui des A.F.A.T. En 1954, 2000 P.F.A.T servaient en
Indochine
Emilienne Robinet était titulaire des décorations suivantes :
• Croix de guerre 1939-1945 avec étoile
de bronze
• Croix de guerre TOE avec étoile d’argent
et étoile de bronze
• Croix de la Vaillance avec étoile d’argent
• Médaille commémorative 1939-1945
• Médaille commémorative de la campagne
d’Italie
• Médaille commémorative Indochine
• Médaille des Epidémies
• Insigne des Blessés
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du Personnel Paramédical des Armées
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