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Day Créations réflexives
2011
Mes diaporamas sont hébergés sur le site :
Le Petit Saumanais
http://petit.saumanais.free.fr
Défilement manuel
Cette série de six diaporamas, dont voici le premier chapitre, présente un rapide
portrait de personnes et d’institutions qui ne semblent pas particulièrement gênées
de «profiter du système» (comme on dit habituellement) lorsque l’occasion se
présente.
Il fut une époque où les faits relatés dans cette série auraient reçu peu de publicité
et seraient passés presque inaperçus. Mais aujourd’hui, les lois d’accès à
l’information, les chaines d’information en diffusion continue, Internet et les réseaux
sociaux finissent par rendre quasiment impossible la dissimulation des paroles et des
comportements de ceux et celles qui, dans nos sociétés, jouent des rôles importants
et de grande visibilité. Mais paradoxalement, nous sommes chaque jour tellement
submergés d’informations diverses que plus souvent qu’autrement nous en arrivons à
oublier rapidement la nouvelle qui, hier encore, nous avait surpris ou choqués. Ces
six diaporamas se présentent donc comme un aide-mémoire.
Le dénominateur commun des personnalités, des institutions, des paroles et des
comportements qu’on trouve dans ces présentations réside dans l’abus : pouvoir
abusif, langage abusif, salaires et revenus abusifs, dépenses abusives, privilèges
abusifs… On a parfois l’impression que la liste des excès et des abus est
interminable, particulièrement dans le vaste domaine de l’économie qui occupe une
place prépondérante dans cette série.
Mais attention! Les abuseurs «économiques» dont il sera question ici ne sont pas
des criminels. Ils n’ont rien à voir avec des fraudeurs célèbres comme l’Américain
Bernard Madoff ou les Québécois Vincent Lacroix et Earl Jones. Les
avantages et les privilèges exorbitants qu’ils réclament et finissent par obtenir –
lesquels nous choquent tant – ils les perçoivent en toute légalité, conformément aux
contrats et ententes qui les lient à leur employeur – un employeur qui est souvent le
Gouvernement que nous avons élu.
Ce n’est pas parce que les excès et les abus relatés ici sont légaux, cependant,
qu’ils sont acceptables au plan de l’éthique et de l’équité. À défaut de pouvoir
bénéficier de salaires annuels dans les six, sept ou huit chiffres, à défaut de pouvoir
prendre une retraite à 55 ou 60 ans avec des pensions annuelles approchant le
million, les «citoyens ordinaires» conservent au moins le droit d’être choqués.
R. Day
P.S. Comme ces diaporamas requièrent un effort de lecture et d’attention, ils ne
comportent aucune musique.
Ann Dowsett Johnston
Elle avait été embauchée comme vice-principale (Développement, diplômés et affaires
universitaires) de l’Université McGill en février 2006. Elle touchait un salaire annuel de
250 000 $, plus les autres avantages rattachés à sa fonction.
Elle a quitté son poste en septembre 2007, soit 19 mois seulement après être entrée en
fonctions.
En partant, elle a reçu une indemnité de départ de 321 000 $.
C’est donc dire qu’en moins de 2 ans, son passage à l’Université McGill lui aura permis de
récolter en salaire, indemnité de départ et autres avantages plus de 760 000 $.
(«Une ex-principale de McGill reçoit une prime de 321 000$», La Presse, 7 février 2009)
Luc Desjardins
Président et chef de la direction de Transcontinental
de mars 2004 à février 2008. En 2007, il avait gagné
1,3 million $ (sans compter les unités d’actions
octroyées et les options d’achat d’actions).
Lorsqu’il a quitté l’entreprise, en 2008, il a empoché entre autres :
▪
▪
▪
retraite
▪
▪
▪
d’un
Une prime de 1,5 $ million
Deux années de salaire de base à 750 000 $ chacune
Deux années additionnelles de service créditées aux fins du régime de
(une valeur de 404 000 $)
Une prime additionnelle de 239 451 $
Des unités d’action valant 136 000 $
25 000 $ pour le remboursement de ses dépenses liées à la recherche
nouvel emploi
■
Grand total des sommes touchées à son départ : 3,8 millions $
(«Transcontinental – Un ex-PDG touche une indemnité de 3,8 millions», La Presse, 11 février 2009)
Raymond Royer
Président et chef de la direction de Domtar, il a
touché une rémunération de 5,4 millions US $ en
2008. Ce chiffre inclut les attributions d’actions et
d’options, ainsi que l’utilisation d’un avion
d’affaires et d’une voiture.
Il n’a pas eu droit à une prime de départ. Mais il touche depuis mai 2009 une
pension annuelle de 720 000 US $. Une pension que ses héritiers pourront
recevoir jusqu’en 2014 s’il décédait d’ici là.
On doit se rappeler qu’en 2008, Domtar avait déclaré une perte nette de 573
millions US $ et que son action ne valait que 96 cents à la Bourse de Toronto à la
mi-mars 2009, au moment où Raymond Royer quittait Domtar pour de bon, avec
tout cet argent en poche.
(«Domtar – Une pension de 720 000$ pour Raymond Royer», La Presse, 13 mars 2009)
Luc Bertrand
Ex-président de la Bourse de Montréal, il a touché un
salaire de base de 539 995 $ en 2008, auquel il faut
ajouter des primes et bonus divers pour un revenu
annuel dépassant les 2 millions $.
En tant que plus important actionnaire du groupe TMX (l’entreprise qui gère les bourses
regroupées de Montréal et de Toronto), il a évidemment un portefeuille très bien garni
(détenteur de 775 000 actions de TMX valant plus de 26 millions $, il possède par ailleurs
des options d’achat pour plus de 35 000 actions).
Lorsqu’il a quitté la haute direction et le conseil d’administration de TMX, en juin 2009, il a
obtenu une prime de cessation d’emploi de 802 500 $ + une rente annuelle de près de
200 000 $ qu’il pourra toucher sans pénalité dès l’âge de 60 ans (soit 5 ans plus tôt que l’âge
normal de la retraite prévue pour les autres dirigeants et employés de TMX). Il aura 60 ans
en 2015.
«La mainmise sur la Bourse de Montréal, effectuée [en 2008] par l’entreprise qui gère
la Bourse de Toronto, aura été payante pour l’ex-président de la Bourse de Montréal.»
(Martin Vallières, «Mainmise payante pour Luc Bertrand – L’ex-président de la
Bourse de Montréal a reçu plus de 2 millions en 2008», La Presse, 31 mars 2009)
SCHL – Société centrale d’hypothèques et de logements
La SCHL a dépensé, entre 2004 -2008, 80 463 $ pour l’achat de balles et de tés de golfe.
2004-2005
2005-2006
2006-2007
2007-2008
921 douzaines de balles de golf
741 douzaines de balles de golf
1 093 douzaines de balles de golf
701 douzaines de balles de golf
24 216,59 $
18 801,96 $
21 977,89 $
15 469,23 $
Un porte-parole de la SCHL, Stéphane Rubec, a expliqué que ces 3 456 douzaines de
balles de golf avaient été achetées pour des tournois de bienfaisance dans le cadre
des activités d’assurance prêt hypothécaire de la Société.
«80 000 $, c’est le prix d’un logement pour personnes démunies. Je trouve cela assez
incroyable d’autant plus qu’on ne construit plus de logements abordables aujourd’hui
[…] Je ne comprends pas comment une société d’État qui n’a pas besoin de faire de
publicité consacre autant d’argent à de la publicité.»
(Christian Ouellet, député du Bloc québécois responsable du dossier de la SCHL)
(Joël-Denis Bellavance, «80 463 $ de balles de golfe pour la SCHL», La Presse, 19 décembre 2008)
Dean Tai
Il est le cofondateur de la firme Coventree, l’entreprise
torontoise qui fut au Canada le principal promoteur des
fameux papiers commerciaux à l’origine de la terrible
débâcle financière de 2007-2008.
En 2007, année où a éclaté la crise des PCAA, puis en 2008, les six principaux dirigeants de
cette firme se sont néanmoins octroyé des rémunérations totalisant 9,2 millions $.
La valeur des actions de Coventree est passée de 16,30 $ l’unité à 55 cents… En quelques
semaines, la compagnie a enregistré une perte de 260 millions $ en valeur boursière. Bref
la ruine pour Coventree.
Qu’à cela ne tienne! Dean Tai s’est fait consentir une somme de 1 million $ comptant à
titre de «prime de départ» de son poste de chef de la direction. Le président du conseil
(Brendan Calder) considérait cette récompense d’autant plus méritée qu’il est allé jusqu’à
affirmer que Dean Tai avait démontré «un leadership incomparable» à la direction de
l’entreprise et qu’il avait su recruter une «équipe de talents extrêmement talentueux».
(Martin Vallières, «PCAA viciés – Des millions en primes pour les promoteurs», La Presse, 13 mars 2009)
Le CHUM – Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Du 1er avril 2007 au 16 août 2008, le CHUM a dépensé 904 632 $ en frais de taxi pour les
déplacements des médecins, des infirmières et des patients entre l’hôpital Saint-Luc,
l’hôpital Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu.
À partir de septembre 2008, les autorités ont remplacé le système des taxis par un
système de navettes reliant les trois hôpitaux en question. Ces trois petits autobus d’une
vingtaine de places sont désormais utilisés par les employés et les patients autonomes.
De l’avis de tous, le nouveau système est
plus efficace et moins coûteux.
Question :
Pourquoi ne pas y avoir songé auparavant?
(Ariane Lacoursière, «Déplacements entre les trois
pavillons du CHUM – Près de 1 million de frais de taxi
en 16 mois», La Presse, 19 décembre 2008)
Quebecor World
L’imprimeur Quebecor World s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements
avec les créanciers des compagnies en janvier 2008. Aux États-Unis, plusieurs filiales de
cette entreprise en faillite ont également bénéficié d’une protection semblable.
En 2008, l’action de Quebecor World a perdu 99% de sa valeur. À la fin mars 2009, l’action
s’échangeait à 4 cents à la Bourse de Toronto.
Pareille situation n’a pas empêché Jacques
Mallette, président et chef de la direction de
Quebecor World, de gagner plus de 2,4 $ millions
en 2008 : 1 million $ en salaire de base + 1,4
million $ en prime de rendement.
Quelque 92 cadres ont eu droit à une bonification
de leurs primes en 2008.
(Sylvain Larocque, «Le PDG de Quebecor World a gagné 2,4 millions en 2008
– L’imprimeur est sous la protection des tribunaux, La Presse, 28 mars 2009)
Quebecor World
Mais ça ne s’arrête pas là en ce qui concerne les gratifications chez Quebecor World.
Le président du conseil d’administration, Brian Mulroney (ancien premier ministre du
Canada), a touché 300 000 US $ en 2008.
André Caillé, membre du conseil et ancien PDG d’Hydro-Québec a reçu 100 000 US $, de
même que les autres membres du conseil.
«L’entreprise explique qu’elle a "amélioré" son régime de primes de rendement
pour tenir compte des défis liés aux procédures d’insolvabilité et pour inciter
les employés à se montrer performants pendant cette période critique ».
André Caillé
Il peut bien rire…
Le très honorable Brian Mulroney
Il peut bien grimacer…
Les loges du Centre Bell
De l’ouverture du Centre Bell en 1996 jusqu’en 2009, cinq grandes sociétés d’État
québécoises ont dépensé annuellement plus de 1 million $ pour la location de loges
au Centre Bell.
Loto-Québec
Hydro-Québec
Société des alcools
Caisse de dépôt et placement
Société générale de financement
4 millions $ pour deux loges
2 millions $ pour une loge
1,5 million $ pour une loge
1,5 million $ pour une loge
395 000 $ pour une loge
Grand total entre 1996-2009 pour ces 5 sociétés d’État : 10 millions $
Les porte-parole de ces sociétés d’État ont affirmé que les loges étaient utilisées
dans un objectif de développement des affaires.
(«Sociétés d’État – Des millions pour des loges au Centre Bell», La Presse, 31 mars 2009)
Le fiasco de l’îlot voyageur de l’UQAM
En juin 2008, un rapport du Vérificateur général du Québec nous apprenait que la
construction de l’Îlot Voyageur de l’Université du Québec à Montréal s’avérait un désastre
de plusieurs centaines de millions de dollars, et que cette débâcle financière était le fait du
trio d’administrateurs de l’Université qui avait eu une attitude irrespectueuse envers toutes
les instances :
■ Roch Denis, le recteur
■ Mauro Malservisi, le vice-recteur
■ Nicolas Buono, le directeur aux immobilisations
● Fonctionnement en vase-clos, au mépris des règles de transparence envers le conseil
d’administration
● Conseil d’administration alimenté par des informations tronquées, voire fausses
● Règles gouvernementales en matière d’appel d’offres non respectées
● Analyse de rentabilité non rigoureuse et parsemée d’erreurs importantes
● Gestion artisanale en matière immobilière
● Projet réalisé dans la précipitation
● Manque de rigueur du ministère de l’Éducation dans la surveillance du projet; le
ministère disposait de toutes les informations pour freiner le projet, mais il n’a
pas changé de cap
En 5 ans, le budget du projet est passé de 392 à 728 millions $. Le gouvernement du
Québec a dû allonger 380 millions $ pour sortir l’université du pétrin.
La recette parfaite pour un
désastre. Des dirigeants de
l’UQAM qui fonctionnent en
vase clos pour mieux se
lancer dans un projet
pharaonique. Les soupapes
de sécurité télescopées. Le
ministère de l’Éducation qui
dort au gaz.
Résultat :
Un désastre de plusieurs
millions au cœur de
Montréal. Le gouvernement
Charest dans l’embarras et
le directeur des poursuites
criminelles et pénales
appelé à la rescousse.
Le rapport du Vérificateur général
du Québec sur la gestion des
projets immobiliers de l’Université
du Québec à Montréal lève le voile
sur une série de décisions mal
avisées, prises sous la direction de
Roch Denis, l’ancien recteur.
Le rapport du Vérificateur est
cinglant à l’endroit du trio
d’administrateurs formé du recteur
Roch Denis, du vice-recteur Mauro
Malservisi et du directeur aux
immobilisations Nicolas Buono.
Les deux premiers ont quitté
l’université après que le dérapage
financier des projets immobiliers du
Complexe scientifique et de l’Îlot
Voyageur eut éclaté au grand jour.
Le troisième a été carrément
congédié.
Qu’en pensent les
principaux concernés?
Je n’accepte pas les
responsabilités qui me
sont imposées dans les
conclusions du rapport
du Vérificateur général.
(Nicolas Buono)
Il n’y a pas d’argent qui
a été perdu ou de
dépassement de coûts.
Il y a eu une extension
du projet, des travaux
ajoutés.
(Mauro Malservisi)
(Denis Lessard, «Fiasco financier à l’UQAM – Les affaires criminelles s’en mêlent», La Presse, 5 juin 2008)
(Francis Vailles, «L’ex-vice-recteur de l’UQAM réplique», La Presse, 30 janvier 2009)
Et pourtant :
En 2007, le recteur Roch Denis a touché 173 000 $ après avoir démissionné en décembre 2006.
Le vice-recteur Mauro Malservisi a touché une indemnité de départ de 153 000 $.
Seul Nicolas Buono, congédié en août 2007, n’a rien touché. Comme il n’était pas un «cadre
supérieur» il était régi par un autre protocole qui ne prévoyait pas d’indemnité en cas de
congédiement. Heureusement!...
Roch Denis
Nicolas Buono
Mauro Malservisi
(Denis Lessard, «Le ministère de l’Éducation a manqué de rigueur», La Presse, 5 juin 2008)
(Denis Lessard, «Des décisions désastreuses et indéfendables», La Presse, 6 juin 2008)
(Francis Vailles, «UQAM Fiasco de l’Îlot Voyageur – Généreuses primes de départ pour les
responsables, La Presse, 30 janvier 2009)
En juin 2008, le nouveau recteur de l’UQAM – Claude Corbo – avait refusé de dévoiler
les tenants et aboutissants du dossier de l’Îlot Voyageur et des conditions de départ de
son prédécesseur, arguant que tout cela était confidentiel… Les contribuables, à qui le
recteur Corbo demandait pourtant de payer les 500 millions $ de ce fiasco, ont fini
quand même par apprendre les sommes versées à MM. Denis et Malservisi.
Le recteur Corbo ne voulait rien dire, mais il exigeait quand même que tout soit effacé et
que le fardeau de ce fiasco financier soit assumé par les contribuables…
(Louise Leduc, «Des réaction timides», La Presse, 5 juin 2008)
(Louise Leduc, «Aux contribuables de payer», La Presse, 6 juin 2008)
Après avoir versé des centaines de millions $ à l’Université du Québec à Montréal afin
que celle-ci puisse éponger sa dette, et trois ans après l’interruption des travaux de
construction, le gouvernement, par l’entremise de la Société immobilière du Québec
(SIQ), achetait le chantier pour 20 $ millions $ en novembre 2010. À ce montant, il faut
par ailleurs ajouter 25,5 millions $ pour l’acquisition des droits de gestion de la station
centrale d’autobus.
Cette transaction a été cependant conclue sans que le gouvernement connaisse l’état de
l’édifice à l’abandon depuis 2007 ni qu’il vérifie l’état des structures exposées aux
intempéries depuis plusieurs années.
(Arianne Lacoursière, «Îlot Voyageur – Quels seront les coûts réels?», La Presse, 18 novembre 2010)
(Arianne Lacoursière, «Îlot Voyageur – Québec a acheté le bâtiment sans connaître son état»,
La Presse, 20 novembre 2010)
Michel Rivard et Star Académie
9 novembre 2003 :
«Je pense que ça peut être très dangereux pour les gens qui
participent à Star Académie de se retrouver le jaune pété.»
«J’espère qu’ils vont survivre à cette entreprise mercantile en
tant qu’êtres humains et en tant qu’artistes, s’ils ont vraiment
du talent.»
«Je fouille mon disque dur interne pour me souvenir des quelques pénibles minutes
passées devant Star Académie et je vous garroche en vrac les 15 premières raisons pour
refuser de participer à cette maladie de société.»
«C’est franchement obscène d’entendre monsieur l’ex-gérant d’artiste [Josélito Michaud]
dire à une académicienne en rut [Marie-Élaine Thibert] qu’elle a réussi à mettre
beaucoup d’émotion dans sa prestation alors que dans les faits, elle a rajouté trois ou
quatre yodels dans son interprétation d’une chanson de Brel dont elle ne commence
même pas à soupçonner le sens.»
(Michel Rivard, La Presse, 9 novembre 2003)
«Oui, un million et demi de bonnes et sympathiques
personnes qui veulent désespérément se divertir , se
détendre, se rassembler autour d’un phénomène,
peuvent être dupes et même souffrir de bêtise
passagère.»
«Julie, Pierre-Karl, Ti-Guy et tous les "concurrents en
danger" du monde n’arriveront jamais à me faire
gober que leurs entreprises bassement commerciales
cachent de riches expériences artistiques et humaines.
Ça me rappelle ma grand-mère qui essayait de nous
faire manger du gras de jambon en disant que c’était
"le meilleur" ou des toast brûlées parce que c’était
"bon pour la voix".»
«Parce que suis un homme d’âge moyen, marié, père
de trois enfants, qui n’a pas de temps à perdre et que
le temps qu’on perd à regarder de la merde et à en
parler est du temps merdiquement perdu… »
(Michel Rivard, La Presse, 9 novembre 2003)
18 novembre 2008 :
«L’amour de la chanson véhiculée par Star Académie et le
côté rassembleur des galas a fait changer mon opinion.»
«Je suis conscient du rôle de grand frère qui m’est arrivé
naturellement depuis quelques années.»
«En politique, on appelle ça un vire-capot.»
(Richard Therrien, «Michel Rivard se joint à
Star Académie», Le Soleil, 18 novembre 2008)
«[…] pour paraphraser Michel Rivard : qu’est-ce qui fait que la "sous-merde" est devenue une
œuvre sociale et utile, doublée d’une expérience culturelle, profonde et enrichissante? […]
Avant, ils étaient un million de fidèles. Maintenant, ils sont deux millions et demi et la
puissance grisante de leur nombre attire les vire-capot comme la lumière, les phalènes. Un
million de personnes peuvent se tromper, écrivait Rivard. Il aurait sans doute dû ajouter : mais
à deux millions et demi, les seuls qui se trompent sont les bozos qui ne changent pas d’idée.»
(Nathalie Petrowski, «Les vire-capot de "Star Académie"», La Presse, 28 mars 2009)
Philippe Couillard, ex-ministre de la Santé
Il a démissionné de son poste de ministre de la Santé du
Québec le 25 juin 2008. Puis il est devenu conseiller
stratégique pour le groupe Persistence Capital Partners
(PCP), un fonds privé d'investissement en santé lié au
Groupe Santé Medisys, à compter du 18 août 2008 (à
compter du 1er octobre 2008, selon sa biographie sur le
Web).
Or, le 25 juin, l’ex-ministre déclarait n’avoir aucun projet précis devant lui.
Puis, en août 2008, il affirmait que ses discussions avec PCP, au printemps 2008,
avaient été d’ordre général et que les négociations relatives à son embauche s’étaient
tenues uniquement après son départ de la vie publique :
«On a eu des rencontres, uniquement des conversations générales. Dans les quelques
jours qui ont précédé ma démission, il est devenu apparent qu’on pouvait envisager une
collaboration professionnelle, mais ça s’est concrétisé après le 25 juin.»
Or, selon le rapport d’enquête du commissaire au lobbyisme – André C. Côté – dès le 17
mai 2008 (donc 5 semaines avant sa démission), Philippe Couillard avait déjà signé un
protocole d’entente concrétisant l’accord des parties et fixant ses conditions de
rémunération et autres considérations matérielles. Et le 14 juin (donc avant son départ
de la vie politique), il avait confié le mandat à ses procureurs de finaliser la négociation
et de rédiger un contrat formel.
«Selon le rapport, Philippe Couillard a pris sa décision de quitter la vie politique durant
les Fêtes [2007]. En janvier [2008], il a pris contact avec la firme de placements de
cadres Egon Zehnder International qui a organisé une première rencontre avec PCP le 17
mars. Trois autres ont suivi. Philippe Couillard a décliné toute demande d’entrevue.»
«On apprend maintenant, avec le rapport du commissaire au lobbyisme, André C. Côté,
que le ministre Couillard avait négocié, plus de cinq semaines avant sa démission, un
protocole d’entente avec une entreprise gérant un réseau de cliniques privées… période
durant laquelle il a signé deux décrets concernant les cliniques privées. Il n’y a rien d’ici
d’illégal, mais la chose a de quoi ternir l’image de celui à qui l’on a déjà prêté des qualités
d’homme d’État.»
(Lysiane Gagnon, «Le responsable ne répond plus», La Presse, 19 mars 2009)
Richard Fuld
PDG de Lehman Brothers
«En huit ans, vous avez empoché 480 millions. Votre compagnie a fait faillite. Les
actionnaires ont tout perdu. Mais vous, vous avez toujours une maison de 14 millions
au bord de la mer et une collection d’œuvres d’art de plusieurs millions.
Vous croyez que c’est juste?»
Le parlementaire américain a eu beau répéter la question au PDG de Lehman Brothers,
il n’a jamais eu de réponse. Richard Fuld a seulement précisé qu’en réalité, sa
rémunération avait totalisé non pas 480 millions… mais 350 millions entre 2000-2007.
(André Pratte, «Trop c’est trop», La Presse, 20 octobre 2008)
(«La chasse aux sorcières est ouverte à Wall Street», La Presse, 22 octobre 2008)
John Thain
Président de Goldman Sachs, puis directeur de la Bourse de
New York, puis PDG de Merrill Lynch, puis patron
temporaire des activités de banque d’investissement de
Bank of America et maintenant président du CA de CIT
Group.
Très exposée aux produits financiers à risque, la banque
Merrill Lynch n’avait pu échapper à la faillite en septembre
2008 qu’en acceptant d’être rachetée par Bank of America
pour 50 milliards $.
Bien que John Thain n’ait été à l’emploi de Bank of America que 20 jours avant qu’on lui
montre la porte, ce court laps de temps lui a été suffisant pour qu’il fasse refaire son
bureau par un designer de renom pour la somme de 1,2 million $.
On a aussi appris que juste avant le rachat de Merrill Lynch, alors que toute la planète
traversait la grave crise financière que l’on sait, il avait demandé une prime de 10
millions $ US. Son salaire annuel de 750 000 $ US lui semblait apparemment insuffisant.
Il a déclaré qu’il méritait cette prime de 10 millions $ car il avait contribué à prévenir une
crise qui aurait pu être bien plus grave pour le groupe.
Par ailleurs, le ministre de la Justice de l’État de New York a révélé, en février 2009, que
près de 700 dirigeants de Merrill Lynch s’étaient vu gratifier de primes dépassant le
million de dollars chacun, et ce juste avant que Merrill Lynch, dont les pertes annuelles
totalisaient près de 28 milliards $, ne soit acquise par Bank of America. La justice new
yorkaise a précisé que ces versements secrets de primes totalisaient 3,6 milliards $ pour
le seul mois de décembre 2008.
Parmi les «privilégiés» :
Andrea Orcel
33,8 millions $
Thomas Montag
39,4 millions $
Peter Kraus
29,4 millions $
(«Merrill Lynch – Le patron veut une prime de 10 millions US», La Presse, 9 décembre 2008)
(«Merrill Lynch – 700 dirigeants ont reçu au moins un million chacun», La Presse, 12 février 2009)
(André Pratte, «Les banquiers», La Presse, 14 février 2009)
(«Bonus astronomiques chez Merrill Lynch – Sept dirigeants doivent comparaître», La Presse, 6 mars 2009)
«Il est clair que des rémunérations de plusieurs dizaines de millions et les
parachutes dorés versés, peu importe la performance des entreprises,
vont à l’encontre à la fois du bon sens et de la conscience.»
(Sylvie St-Onge, HEC / Michel Magnan, École de gestion John-Molson)
«De telles primes sont tout simplement indécentes. D’un point de vue moral
autant que financier, une institution au bord de la faillite ne peut pas verser des
millions en récompenses à ses dirigeants. Au contraire, elle doit leur imposer la
frugalité. [… ] La confiance dans les institutions financières s’est effondrée. S’ils
souhaitent la regagner, les banquiers devront dorénavant faire preuve, dans leur
mode de vie comme dans leurs décisions, de plus de modestie et de compassion.»
(André Pratte, «Les banquiers», La Presse, 14 février 2009)
AIG – American International Group
Chef de file mondial de l’assurance et des services financiers, AIG a reçu 173 milliards $
de Washington pour éviter la faillite.
Comparaissant devant un comité du Congrès le 18 mars 2009, le président d’AIG,
Edward Liddy, a reconnu que l’entreprise avait versé 165 millions en «primes de
rétention» à 418 employés de la division des produits financiers – division responsable
de la débâcle d’AIG. De ce nombre, 73 ont reçu une prime supérieure à 1 million $. Il a
expliqué que ces primes avaient été versées pour empêcher les employés de quitter la
firme avant que la division en question ne soit fermée.
Devant la colère des contribuables américains
et l’indignation exprimée par le président
Obama lui-même, il a demandé aux employés
de remettre 50% des primes reçues.
(André Pratte, «La colère contre AIG», La Presse, 19 mars 2009)
AIG – American International Group
En septembre 2008, après qu’AIG eut été sauvé de la faillite par les payeurs de taxe
américains, le représentant démocrate Alex Waxman révélait qu’une semaine après le
renflouage de la compagnie, des employés d’AIG et des courtiers liés à l’entreprise
s’étaient retrouvés dans l’un des complexes hôteliers les plus huppés du pays, en
Californie. La facture du voyage s’élevait à 440 000 $, dont près de 200 000 $ pour des
chambres à 1 000 $ la nuit, plus de 150 000 $ pour des repas et 23 000 $ pour des soins
de «remise en forme».
(«Vacances de luxe – AIG s’explique»,
Le Devoir, 9 octobre 2008)
Michael Fortier
Pendant les 2 années où il a été ministre des Travaux
publics, Michael Fortier a dépensé plus de 140 000 $
en frais de rénovation et de décoration pour son
bureau de ministre, situé à Gatineau :
• 70 452 $ pour l’année financière 2006-2007
• 68 851 $ pour l’année financière 2007-2008
■ Plus de 50 000 $ pour l’achat de matériel technologique (ordinateurs,
imprimantes, photocopieurs, téléphones portables, équipement de vidéoconférence).
■ Plus de 10 000 $ pour l’achat de meubles neufs.
■ 20 000 $ pour la décoration.
■ 10 000 $ pour la location d’œuvres d’art.
(Malorie Beauchemin, «140 000 $ pour rénover le bureau de Fortier», La Presse, 14 avril 2009)
(Malorie Beauchemin, «Fortier se défend d’avoir dépensé sans compter», La Presse, 15 avril 2009)
Alan Greenspan
Alan Greenspan a été président de la Réserve fédérale
américaine de 1987 à 2006. Il était même considéré
comme le plus grand dirigeant de banque centrale de
tous les temps. Il avait le pouvoir d’interdire les
pratiques hypothécaires douteuses. Mais il s’y opposait
avec acharnement, convaincu que l’industrie financière
était la mieux placée pour s’imposer des limites et que le
libre marché était supérieur à toute réglementation .
En 2006, juste avant que le marché immobilier américain
ne montre des signes de ralentissement, il a pris sa
retraire de la Réserve fédérale.
Le 23 octobre 2008, comparaissant devant un
comité de la Chambre des représentants,
l’échange suivant a eu lieu :
«En d’autres mots, vous avez découvert que
votre vision du monde, votre idéologie, n’était
pas correcte?»
«Absolument, précisément.»
Pour cet adepte du laisser-faire, c’est presque une révélation existentielle. Il n’aura pas
vécu jusqu’à 82 ans en vain. Mais pour les millions d’Américains qui ont perdu leurs
économies, il aurait mieux valu qu’il voit la lumière un peu plus tôt. Depuis, il tente de
défendre sa réputation.
L’idéologie qui le guidait, ils étaient nombreux à la partager sous l’administration Bush.
Pourtant, rares sont ceux qui, comme lui, ont eu l’honnêteté intellectuelle de la
remettre en question.
(«Non-réglementation des marchés – Alan Greenspan fait son mea culpa», La Presse, 24 octobre 2008)
(Ariane Krol, «Le mea-culpa de Greenspan», La Presse, 25 octobre 2008)
«Selon les données de Statistiques Canada, le revenu des classes moyennes et des
citoyens plus aisés est demeuré stable entre 1992-2004. Le seul groupe qui s’est vraiment
enrichi, c’est celui des très, très riches, ceux qui se retrouvent dans le un centième du 1%
supérieur. En 12 ans, leur revenu a grimpé de 210%. Leur revenu qui était au départ 57
fois plus élevé que le revenu médian, est maintenant 115 fois plus gros.
[…] Des détenteurs de doctorat? Des prix Nobel? Des neurochirurgiens? Eh bien non.
[…] on peut noter que ces rémunérations extrêmement élevées, beaucoup plus élevées
que dans les autres secteurs d’activité, ne récompensaient pas nécessairement les
heureux bénéficiaires en fonction de la rareté, du talent exceptionnel ou de la
contribution à la société, ou même de l’effort. En fait, les gens du monde financier ont
bénéficié de ce que les économistes appelleraient une rente de situation. Ils étaient là où
le cash se trouvait, et ils se sont servis les premiers. Cela reflète une distorsion importante
dans la façon dont on récompense le travail et le talent. Un grand nombre de ceux qui ont
été le plus gâtés exerçaient, au mieux, des activités d’intermédiaires,
et au pire, des activités purement parasitaires.
Et ceux qui se sont le plus enrichis font partie du groupe dont les gestes, la courte vue,
l’avidité, nous ont plongés dans la pire crise financière depuis 80 ans.»
(Alain Dubuc, «La gloutonnerie économique», La Presse, 4 avril 2009)
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Février 2011
R. Day